Olivier Prost, Köln.
1.522 Km 27 jours de route 18.161 mètres de dénivelé
De Saint-Martin-Vésubie (F) à Cologne (D)

* * * L ‘ i n c r e v a b l e 2 0 1 5 * * *

Date : 07.07.2015 Localité : Isola (Paca) Kilométrage : 53,02 Km Météo :+48° C. (canicule) Ascension : 971 m Alt. max. : 1.503 m % max. : 15% Jour : 1 Durée : 4:42 Moyenne : 10,2 Km/h
Quelle aventure! Le compte à rebours à cette fois bel et bien commencé… Comme convenu depuis de nombreux mois, mes chers parents faisaient le déplacement en voiture depuis ma Saône-et-Loire natale jusqu’à Cologne afin de me transporter avec vélo, remorque et tout mon équipement jusqu’à Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes), départ officiel de ma traversée des Alpes…
Le transport en voiture durait deux jours entiers, il allait me falloir 27 jours pour tout remonter par la suite, sans passer par le plus simple puisque je prévoyais de traverser la fameuse chaîne des Alpes… C’est après 13 heures de route que nous arrivions enfin à Saint-Martin-Vésubie. Nous étions complètement éreintés, bien qu’aucun de nous n’avait dû pédaler afin d’atteindre le but… !
Mon plan d’origine était de m’élancer dans mon fou périple dès le lendemain matin mais étant donné l’heure tardive à laquelle nous arrivions, 21:30, je m’accordais une journée de répit avant le grand saut. Profitons-en après tout en passant une bonne journée ensemble, nous ne nous voyons pas si souvent… !
Alors frais et dispos suite à une bonne et longue nuit réparatrice, mon père et moi commencions à décharger mon matériel. C’est alors qu’en descendant mon vélo de la voiture, nous découvrions une flaque d’huile assez considérable qui s’était étendue sur un carton protecteur… Freins hydrauliques… ? Moyeu d’engrenage des vitesses… ? Le voyage commence bien, je n’ai pas encore le moindre mètre au compteur…
Après avoir recherché de plus près d’où pouvait bien venir cette fuite d’huile, j’avais l’impression que celle-ci était à hauteur de l’axe de la roue arrière… Je suivais donc le conseil de mon père et partais rendre visite au magasin de sports local, mieux vaut être sûr avant le grand départ…
Evidemment, dans ce petit village de montagnes de quelques 1.368 âmes, il ne fallait pas s’attendre à trouver un mécano ultra qualifié mais une petite approche s’imposait… Tous aussi adorables les uns que les autres mais aucun ne connaissait malheureusement le système technologique d’engrenage des vitesses dont était équipé mon compagnon de route…
L’un des commerçants vint alors à l’idée de rechercher dans l’internet des informations concernant mon problème perte d’huile engrenage des vitesses vélo - Il est clair, l’internet a toujours une solution à tout et la réponse ne se fit en effet pas attendre !
- En cas de transport en voiture ou en avion en position couché ainsi que par fortes chaleurs ou en altitude, il est possible que l’engrenage de la boîte à vitesses fasse un rejet d’huile en trop. Dans ce cas, ne pas tenter d’essayer de réapprovisionner l’engrenage avec de l’huile, ceci n’est pas nécessaire -
Etant donné que les sympathiques commerçants auxquels j’avais à faire ne purent m’aider ou me renseigner d’avantage, je repartais dans l’espoir que tout irait bien… ! De retour à la maison, je chargeais mon imposante monture en compagnie de mon père.
Le temps de se séparer est arrivé… Heureux comme un Roi, bien évidemment, rien qu’à la pensé de partir tout un mois à l’aventure en traversant les belles montagnes Alpines Françaises… ! Liberté, indépendance et aventure m’accompagnent dès à présent lors de ma folle traversée, on y va !!!
Au revoir mes chers parents et un grand merci pour tout ce que vous faites pour moi. Cette traversée des Alpes, c’est bien à vous que je la dois, merci de m’avoir transporté jusqu’ici, dans le sud de la France… ! Voyager est un virus contagieux, attention !!!
Il faut toujours débuter un périple dans la plus grande douceur et ce, pour différentes raisons. Tout d’abord parce qu’il y a un mois que je n’ai plus roulé afin de me reposer correctement avant le grand départ. Et puis, il faut que je m’habitue à nouveau au poids du vélo ainsi qu’à la stabilité routière et puis enfin, foncer tête baissée en pensant gagner du temps ne sert strictement à rien à part se faire du mal et risquer un accident.
La plus grosse difficulté de cette première journée allait être la canicule extrême qui me menait la vie très dure. Les températures s’élevaient jusqu’à + 48°C. en plein soleil. J’eus beaucoup de mal à supporter et avais un peu l’impression que mon cerveau cuisait tranquillement mais sûrement dans une poêle… !
Je commençais tout d’abord par le col Saint-Martin situé dans le massif du Mercantour-Argentera et s’élevant à 1.503 mètres d’altitude. Les Français sont fous de vélo, tout du moins, mon impression alors qu’en Allemagne, on a plus l’impression de gêner qu’autre chose…
Lors de mon ascension, un automobiliste me doublait. Une jeune fille se penchait par la fenêtre et criait dans ma direction Vous êtes super courageux !!! Ce genre de remarques donne des ailes, je ne sens plus la douleur musculaire et n’ai qu’un seul but en tête : le sommet !
La très forte chaleur ne me rendait pas la vie facile. Je m’arrêtais dès que possible sous un tunnel ou dans un petit coin d’ombre en bordure de route. Les températures descendaient immédiatement d’une quinzaine de degrés… Je ne me plains pas néanmoins, le froid étant par expérience incomparablement plus difficile à supporter…
Après l’ascension de ce tout premier col, je faisais une première pause bien méritée, à l’ombre évidemment et faisais remplir mes trois bouteilles d’eau déjà vides en très peu de temps… J’avais repris des forces mais la chaleur me fatiguait bien d’avantage… Je poursuivais ma route jusqu’à Isola.
Cette pensée partait de rien et pourtant… - Soleil, arrête s’il te plait et donne moi un peu de pluie… ! Je n’arrivais pas à y croire. Une demi-heure après environ, le soleil s’était caché et avait fait place aux nuages, un orage arrivait, youhouuuuuuuuuuuu !!!
Il est évident que je continuais à rouler sans vêtements de pluie. J’appréciais chaque goutte d’eau me rafraichissant à sa juste valeur, MERCI !!! C’est ainsi que se terminait ma toute première journée, ici, à Isola. Demain, la Bonette… ? Affaire à suivre mais je pense que deux jours d’ascension seront nécessaires…
Date : 08.07.2015 Localité : Bousiéyas Région : PACA Kilométrage : 27,19 Km Météo : Chaleur Température : + 41° C. Ascension : 1.032 m Altitude maximale : 1.901 m Pourcentage maximal : 13% Jour de route : 2 Durée : 3:52 Vitesse moyenne : 7,0 Km/h
Ce fut un chouette camping que je dénichais hier soir à Isola. Celui-ci était à vrai dire assez coûteux, j’avais en effet débourser 15,20 la nuit, soit pratiquement un tarif Suisse avec des valeurs Françaises… !
Je n’y trouvais d’ailleurs pas beaucoup d’herbe, pas étonnant avec la canicule qui règne sans répit sur la région mais les très sympathiques gens avec qui j’avais à faire me faisaient oublier ce détail pourtant bien confortable… !
Il ne faut pas perdre les bonnes habitudes, un bon petit-déjeuner qui me fournira la force nécessaire sans compter ma bonne humeur déjà habituelle est déjà à l’ordre du jour, quoi qu’il arrive ! Et c’est une fois avoir rangé tout mon matériel que je m’élançais sur la route…
Je n’étais d’ailleurs sous doute pas autant enthousiaste que j’aurais pu l’être s’il avait fait moins chaud… ! En effet, la canicule plus qu’étouffante allant jusqu’à + 48° C. sur la route m’avait mené la vie très difficile hier tout au long de ma première journée…
Et moi qui ne trouve rien de mieux que de commencer ma folle ascension par la plus haute route d’Europe sur la route, une folie qui me faisait déjà rêver depuis plusieurs années, vais-je y arriver… ? T’inquiète… !
Je continuais de rouler comme à mon habitude d’une façon déterminée et pensais à mon père me disant Qui va doux va loin… ! C’est tout à fait ça, je restais concentré et avançais doucement mais sûrement grâce à mon pédalage régulier.
Evidemment, en raison du poids considérable que je transportais, je n’avais d’autre choix que celui de m’arrêter régulièrement tous les quelques mètres afin de souffler ! Mes efforts en furent d’ailleurs récompensés lorsque j’arrivais avec grande joie jusqu’à une altitude de 1.901 mètres… !
Je fus reçu comme un Dieu !!! Lors de mon arrivée alors que je venais de franchir le virage au plus vite à la vitesse d’un escargot, j’apercevais un café sur ma gauche qui m’avait été conseillé dans la vallée pour y planter ma tente cette nuit…
Alors que tout le monde avait déjà les yeux braqués sur moi, j’avançais pourtant avec difficulté et faisais halte devant ce café en exprimant un J’en ai marre, je m’arrête pour aujourd’hui !!! Et c’est ainsi que je faisais pause à 1.901 mètres d’altitude dans le splendide parc national du Mercantour…
La gentillesse et la bonté des autochtones, ici ou dans la vallée m’était jusqu’alors à part peut-être en Alsace assez inconnue en France… Le soleil plus qu’abondant semblait leur avoir à tout jamais enrayé toute forme d’une quelconque mauvaise humeur, un véritable plaisir… !
Ce n’est que pour quelques risibles 4,- la nuit que je campais derrière le cimetière, à côté de moi se trouvaient deux Suisses de Genève ainsi que trois Allemands de……COLOGNE !!! Le monde est si petit, ils étaient, quant-à-eux, venu jusqu’ici en automobile…
Avant même de monter ma tente pour la nuit, je prenais place à la terrasse de ce petit coin de paradis et savourais après autant d’efforts par une telle chaleur une énorme bière, très largement méritée !!!
Je pense qu’il est inutile de préciser que ce bivouac s’avérait être d’une tranquillité sans pareil… Lors de mon ascension ce jour, je faisais pause près d’un ancien lavoir et… C’est ainsi que survenue de nulle part, une chèvre traversa la route sans se préoccuper le moins du monde des éventuels véhicules et vint à ma rencontre… !
Ayant déjà entendu dire que ce genre de sympathique créature mangeait tout ce qu’il lui tombait sous les dents, je m’approchais d’elle et m’assurais qu’elle ne commence pas à mordre mes sacoches, je serais bien embêté si celles-ci étaient percées… !
L’entrée en matière de mes nouvelles aventures n’est très certainement pas des plus faciles mais de toute évidence d’une magnificence absolue… !
C’est ainsi que bien reposé, je m’élancerai demain matin avec une pêche d’enfer et une volonté inoxydable à l’assaut de la Cime de la Bonette, tout là-haut à 2.802 mètres d’ascension, en avaaaaaaaaaant pour la plus haute route d’Europe, J’ARRIVE!!!!!!!!!!!!